Semaine de prévention du suicide – Mets l’espoir de l’avant!

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En cette semaine de prévention du suicide, la Municipalité met l’espoir de l’avant.

Considérant que :

  • Dans Lanaudière, annuellement, quelque 80 personnes décèdent par suicide [1];
  • Chaque année, plus de 130 Lanaudoises et Lanaudois sont hospitalisés à la suite d’une tentative de suicide[2], et ce, sans compter ceux et celles qui sont hospitalisés sous un autre prétexte ou qui ne consultent pas de médecin ;
  • Le Centre de prévention du suicide de Lanaudière (CPSL) est le seul organisme reconnu et soutenu par le Centre intégré de santé et de services sociaux de Lanaudière pour intervenir spécifiquement sur la problématique du suicide. Dans la dernière année, il a répondu à près de 3 200 appels de personnes en détresse, endeuillées par suicide ou inquiètes pour un proche suicidaire ;
  • Orchestrée chaque année dans Lanaudière par le CPSL, la Semaine nationale de la prévention du suicide (SPS) a pour but de sensibiliser la population à la cause, de vaincre les tabous et de soutenir les milieux touchés par la problématique ;

La Municipalité reconnait cette problématique et son ampleur et contribue à l’effort collectif en prévention du suicide. Voici un témoignage afin de vous aider à déceler les signes de détresse de votre entourage. N’hésitez pas à aller chercher de l’aide!

[1] INSPQ, Portail de l’Infocentre de santé publique du Québec, Taux de mortalité par traumatisme, version août 2017.
[2] INSPQ, Portail de l’Infocentre de santé publique du Québec, Taux d’hospitalisation en soins physiques de courte durée pour traumatismes, version mai 2017.

 

Je m’appelle Martin et j’ai voulu mourir.

En apparence, j’avais tout pour être heureux. Des amis, un bon emploi, une femme, des enfants. Pourtant, j’ai voulu mourir. En vieillissant, avec le boulot et le train-train quotidien, étant moins disponible pour sortir avec mes amis, j’ai vu mon cercle social rapetisser. Puis, mon bon emploi, très prenant, est devenu une source de pression et de stress intense. J’étais constamment irritable, causant des problèmes dans mon couple. Ma conjointe et moi nous étions en quelque sorte laissés tomber. Je n’avais plus envie de me confier à elle et elle avait perdu confiance de me voir un jour rétabli. J’avais l’impression de passer tout mon temps au boulot, de ne plus voir mes enfants. Je me sentais seul, j’étais malheureux et je ne voyais plus le bout. Mal à l’aise avec mes émotions, je n’en parlais à personne. Je me voyais aller, je sentais que je n’avais plus d’énergie, je n’avais plus envie de bouger, mais je me disais que j’étais capable d’en prendre. J’avais des idées noires, mais je continuais. Puis, à un moment donné, ça a été trop. J’ai essayé d’en finir. Évidemment, ma tentative de suicide a bouleversé bien des choses. Mais aujourd’hui, je suis content d’être en vie. Je ne peux pas croire que j’ai failli ne pas voir grandir mes enfants.

Il y a certaines choses qui m’ont aidé à m’en sortir. J’ai dû prendre un temps d’arrêt au travail, ce que je refusais de faire au plus fort de la crise. Cette pause forcée, même si elle fut courte, m’a permis de prendre du recul et de me remettre sur les rails. J’ai rencontré une travailleuse sociale avec qui ça n’a pas fonctionné du tout. Puis, encouragé par ma femme, j’ai accepté d’en voir une deuxième et cette fois, ça a cliqué. Pendant les rencontres, on travaillait des trucs concrets, elle me donnait des objectifs à atteindre, elle m’aidait à trouver mes solutions et à évaluer le chemin que je faisais. Elle m’a donné l’espoir d’un jour aller mieux. Pour m’aider à venir à bout de mes problèmes comportementaux, on m’a conseillé d’aller voir un organisme de mon choix. J’ai opté pour Au cœur de l’Il. Je suis allé à une première rencontre de petit groupe, entre 3 et 8 gars, à reculons et je me suis surpris à aimer ça. Je suis retourné. J’ai réalisé que ça me faisait du bien d’avoir le point de vue des gars sur ce je vivais. Disons que ça aide à dédramatiser les choses, des fois.

J’ai aussi eu du bon monde autour de moi. Un de mes amis, avec qui je n’avais pas besoin de parler ; juste être ensemble et me changer les idées. Ma mère a aussi été là pour moi, même si, par moment, son inquiétude et ses questions étaient lourdes à porter. Je la comprenais bien, mais ce n’était pas facile de répondre à ses questions et de la sentir inquiète, ça me gardait parfois dans le problème et l’esprit de crise. Ce qui me faisait du bien, c’est quand on parlait d’autre chose, on se racontait nos journées. Quand on était ensemble, tout simplement. Ma femme m’a beaucoup aidé à m’en sortir. En fin de compte, ces épreuves et ces démarches nous ont permis, à elle et moi, d’apprendre à communiquer et nous ont rapprochés.

Aujourd’hui, j’ai du mal à croire que j’aie voulu en finir. Je m’écoute et je le dis quand ça ne va pas. Je n’attends plus d’être sur le bord que ma soupape pète. Si je pouvais parler au Martin en crise, je lui dirais de prendre un jour à la fois, de ne pas attendre que les problèmes aient l’air des montagnes. Je me dirais « arrête d’avoir peur d’être le gars qui se plaint et ouvre-toi ! »

Le suicide et la détresse sont encore tabou dans bien des milieux. Par crainte de subir un impact négatif dans son milieu de travail à la suite de son témoignage, Martin a préféré qu’on n’utilise que son prénom. Le Centre de prévention du suicide de Lanaudière le remercie chaleureusement pour son témoignage et espère que celui-ci aidera d’autres hommes à ne pas rester seuls avec leur détresse.

Prévention suicide